Royaume des arbres, des fleurs et des
colibris, le jardin de Balata est un lieu magique, où la nature règne
en maîtresse.
Il faut y entrer pour ressentir le flot d'impressions infinies qui
envahit subitement le visiteur. A visiter absolument !
jean-philippe thoze
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"Un Jardinier rempli d'amour"
Créateur du jardin de Balata à la
Martinique, Jean-Philippe Thoze, aujourd'hui, poursuit son travail
de coloriste de la nature dans un autre "théâtre" végétal, aménagé à
l’Anse Latouche.
L'homme est étonnant: tanné, anguleux, plus fait pour le dialogue
avec la terre qu'avec les hommes. Sa façon de hacher les phrases et
de les entrecouper de sons vous plonge dans la forêt et le roc avant
d'y être. Pas vraiment surprenant. l'homme qui déplace les montagnes
pour réaliser chacun de ses jardins poursuit sans doute son dialogue
et son rêve intérieur plutôt qu'il ne vous parle.
À l'imitation de la nature, ce fils de magistrat au caractère
rebelle a développé une rare adaptation à notre monde : conjuguant
la résistance du roseau et l'enracinement des grands arbres, il a
résisté à toutes les séductions, et à 25 ans d'intervalles a créé
ces deux jardins qui resteront les deux plus beaux exemples de
jardins tropicaux de la Martinique : le jardin de Balata, dans les
hauteurs de Fort-de-France, et le domaine de l'Anse Latouche, aux
portes de Saint-Pierre.
Le premier, qui accueille chaque année 160 000 visiteurs, joue le
foisonnement botanique avec un parcours sous forme d'invitation
permanente à goûter des atmosphères différentes, à admirer de près
la variété et l'exubérance de la flore tropicale.
L'art de Jean-Philippe Thoze est d'avoir su utiliser la nature pour
révéler le caractère profond de la Martinique, pour en donner une
synthèse florale sous forme d'une abstraction colorée, plus forte
qu'une collection détaillée typique.
Que ce soit à Balata ou à l'Anse Latouche, restera pour ce
sexagénaire le souvenir de l'invraisemblable labeur mené à la base :
déplacements de tonnes de terre pour remodeler le paysage,
accumulations de patientes investigations et de rapines innocentes
au cours des ans et des voyages pour acclimater telle ou telle
espèce rare. Sans oublier, pour mieux saisir le caractère de ce
"petit béké" né dans une famille sans terre, ce qu'il ne dira pas :
une intuition solide et une science certaine des plantes, de leur
épanouissement, de leurs combats pour s'envahir mutuellement, se
détruire, une façon d'être attentif en permanence et de juguler
toute cette dynamique qui échappe au simple promeneur.
On est sous le charme même si l'homme parfois semble lassé de
l'ignorance de certains et du peu d'aide qu'il a rencontré. Heureux
pourtant d'être sur son île, loin de l'emprise médiatique, qui l'a
laissé vivre en paix avec ses folies, sans en faire une star du
paysage. Ne le cherchez pas. Il pourrait être là par hasard et de
toute façon, il est de ces gens qui s'échappent toujours, et que la
mode n'essaie jamais que de rattraper sans jamais les égaler...